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Sur la question du voile

Samedi, 03 Avril 2010 20:54

Malgré les dires de plusieurs érudits musulmans, il apparait nettement à la lecture de ce texte que le port du voile est une obligation divine pour les femmes croyantes. Le site communautaire musulman « Islam en France » tente de répondre  à plusieurs questions dans la rubrique nommée «  mythes et mensonges ». C’est instructif, nous n’hésiterons pas à mettre en ligne la suite de leurs travaux.

Tout d’abord il est nécessaire de comprendre certains aspects du droit musulman avant de répondre à cette question, car il fait partie de la sagesse le fait de ne pas se hâter. L’Islam est basé sur des lois et des principes émanant de la parole de Dieu que l’on nomme le Coran, il constitue la source juridique principale tout comme la constitution de 1958 constitue la norme suprême de la république française. Seulement, le Coran nous renvoi également vers une seconde source nommé « Sounna » (qui se traduit par le mot chemin) et ce à travers divers versets comme dans la sourate « les abeilles » verset 44 : «  Et vers toi, nous avons fait descendre le Coran, pour que tu exposes clairement aux gens ce qu’on a fait descendre pour eux et afin qu’ils réfléchissent. » , la sounna accompagne le Coran, elle regroupe toutes les paroles du prophète Mouhammed (paix et salut sur lui) ainsi que l’ensemble de ses actes et ses approbations, et constitue ainsi une lumière pratique sur la voie que Dieu nous demande de suivre comme il est mentionné dans la sourate 59 verset 7 :«Prenez ce que le messager vous donne, ; et ce qu’il vous interdit, abstenez- vous en . »

Le coran et la sounna sont donc les deux sources de référence en Islam, mais Dieu ouvre aussi la voie à deux autres sources juridiques permettant d’apporter plus de clarté lors de situation difficile. La première de ces deux sources est le consensus des savants de la communauté musulmane, en référence au verset 115 de la sourate 4 qui énonce : « Et quiconque fait scission d’avec le messager, après que le droit chemin lui est apparu et suit un autre sentier que celui des croyants alors nous le laisserons comme il s’est détourné,… » Ce verset oblige les croyants à suivre le même sentier et donc à être d’accord sur la voie à suivre, ce qui pousse les savants à observer un consensus sur les questions de leurs temps. Enfin, la quatrième source juridique est l’analogie, c'est-à-dire d’appliquer à des causes similaires des effets similaire à travers le temps, par exemple toute boisson enivrante est prohibé , par conséquent la bière est prohibé même si ce produit n’existait pas lors de la descente du Coran, les mêmes causes produisant les mêmes effets. Il est important d’insister sur le fait que le consensus et l’analogie doivent obligatoirement être justifié par un verset coranique, et la sounna ne peut contredire le coran, ainsi le coran reste dans tous les cas la source suprême à laquelle tout se rattache. Ces quatre sources sont reconnu comme tel dans toutes les écoles du droit musulman, d’autres sources cependant existe, mais elles ne font pas unanimité. A présent nous connaissons les éléments de base nous permettant de comprendre l’argumentation nécessaire au traitement des différentes questions religieuses.

Le voile en Islam est il une obligation religieuse ?

Le voile est il une obligation religieuse ? Mais que nomme- t- on voile, exactement, aujourd’hui on entend plusieurs qualificatifs du même genre comme le tchador (en Iran) ou encore le foulard islamique ou tout simplement le foulard, pourtant aucun de ces termes n’est mentionné dans le Coran. Une compréhension plus approfondi du Coran n’est possible que par la connaissance de la langue arabe, le mot voile se dit « Hijab » en arabe, et le foulard se dit « Quoumèch », les traductions actuel du Saint Coran ne sont que des essais de traduction du sens des versets et non une analyse scientifique faite mot à mot. Une lecture du Coran permet de comprendre le message divin destiné à l’Homme mais ne suffit pas à cerner la portée juridique et sociale profonde de chacun des versets, aussi l’erreur que font la plupart des francophones est de vouloir interpréter le texte coranique par une simple lecture traduite alors que l’exégèse coranique requiert une maîtrise accrue des sciences islamiques, ainsi c’est à la lumière de ces sciences que nous allons expliqués les versets se rapportant à la question posé.

Deux versets coranique expose clairement le sujet de la tenue vestimentaire de la femme dans le coran, le premier apparait dans la sourate 24  « Annûr » (la lumière ) au verset 31 lorsque le Dieu dit : « Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en parait et qu’elles rabattent leurs Khimars sur leurs poitrines…. », Le second apparait dans la sourate 33 « Al Ahzab »(les coalisés) au verset 59 lorsque le Dieu dit : « Ô prophètes ! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants de ramener sur elles leurs Jilbab ; elles en seront plus vite reconnues et éviteront d’être offensées. Allah est pardonneur et miséricordieux. » Analysons à présent les versets un à un.

  1. Le verset 31 de la sourate Annûr :

. « Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté,… »

Ce verset suit la recommandation enjointe aux hommes dans le verset précédent lorsqu’il est énoncé : « Dis aux croyants de baisser leurs regards et de garder leur chasteté, ceci est plus pur pour eux. Allah est certes, parfaitement connaisseur de ce qu’ils font. », L’injonction n’est donc pas uniquement destiné aux femmes mais aussi aux hommes, et les deux versets se suivent car la raison ou plutôt la cause de la descente de ces deux versets est la même. De plus Dieu ordonne aux croyants la chasteté et la pudeur avant de l’ordonner aux femmes, ce qui prend à contrepied l’idée répandu selon laquelle les femmes seraient les seuls concernés par la pudeur et la chasteté. Il s’agit là d’un ordre divin, car tous les savants sont d’accord sur le fait que l’usage de l’impératif par Dieu ou par son Messager marque l’ordre, c'est-à-dire ici l’obligation pour les croyants et croyantes de baisser le regard et de préserver leur chasteté. Cet obligation est également valable pour les personnes mariés qui préservent leur chasteté en restant fidèle à leurs conjoints.

. « et de ne montrer de leurs atours(Zînatahounna) …. », Le terme « atours » se dit « Zînatou » en arabe, ce qui signifie plus particulièrement la beauté apparente et attirante de la femme, les hommes étant instinctivement attiré par le physique de la femme. Les savants ont défini deux types de beauté, la beauté physique et la beauté artificielle, et ce en se basant sur plusieurs versets coranique dans lequel le mot « Zînatou » est employé dans les deux sens , ainsi on peut lire dans le verset 31 de la sourate 7 « Al A’raf » : « Ô enfants d’Adam, dans chaque lieu de prière de Șalat portez votre parure (Zînatakoum)….. » , ici le mot Zîna fait référence à la parure qui est l’expression de la beauté dite artificielle, les savants opèrent donc une distinction entre la beauté physique se rapportant au corps de la femme et la beauté artificielle se rapportant à des artifices extérieur utilisé comme parure. Le verset de la sourate Annûr fait référence à la beauté physique de la femme et non à la beauté artificielle puisque des artifices extérieurs tel des bijoux, des vêtements ou encore du Kohol (poudre noir que l’on met dans les yeux) ne sont que des éléments enjolivant le corps humain.

«…que ce qui en parait », autrement dit ce qui ne peut être caché, le texte en arabe fait apparaître l’exception avec la particule « illa »qui signifie excepté, en principe tout le corps de la femme entre dans la beauté physique « Zîna » et ne doit donc pas être montré excepté ce qui en parait. La majorité des savants (trois écoles sur quatre), sont d’accord pour reconnaitre que « ce qui en parait » signifie le visage et les mains, la beauté apparente du corps étant celle dont le Khimar est dépourvu d’utilité ou occasionne une gêne. De plus, le verset énumère par la suite la liste des personnes devant qui la femme est autoriser à dévoiler, ce qui à la base doit rester caché : « et qu’elles ne montrent leurs atours qu’à leurs maris, ect…… », Donc une partie du corps parait nécessairement. Ajoutons au verset l’explication du prophète lui-même (paix et bénédiction sur lui), en effet sa femme Aïcha nous rapporte que l’a entendu dire à sa sœur Asma qui était légèrement vêtu, il se détourna alors et dit : « Ô Asma ! à ton âge la femme ne doit plus laisser paraitre que ceci et cela, indiquant le visage et les mains. », ce hadith est rapporté dans le livre « sunan Abû Daoud » et il est confirmé par de très nombreux Hadiths que le grand savant du Hadiths cheikh Albany a compilé dans le livre « le jilbab de la femme musulmane ».

. «  Et qu’elles rabattent leurs Khimars sur leurs poitrines…. », Dieu ordonne, par l’impératif, aux croyantes de rabattre le Khimar, ce mot désigne un vêtement que la femme met sur sa tête et qui couvre ses cheveux, son cou et ses oreilles, Dieu précise tout de même que ce vêtement doit être rabattu sur la poitrine car les femmes musulmanes imitaient les nabatéennes qui portaient un vêtement similaire mais en laissant apparaitre leurs dos à nu jusqu’aux oreilles, la précision était donc de rigueur, d’ailleurs le mot poitrine est traduit de l’arabe « jouyoubihinna » qui signifie les poches, c'est-à-dire que le khimar doit descendre jusqu’au niveau des hanches à peu près.

 

2. Le verset 59 de la sourate 33 :

. « Ô Prophète, dis à tes femmes, à tes filles, et aux femmes des croyants….. »

Dans ce verset, Dieu commence par mentionner les femmes et les filles du prophète (paix et salut sur lui) car ce sont les exemples à suivre pour les croyantes. Ensuite, il est fait mention des femmes des croyants, le mot femme en arabe se dit « Annissa »et il englobe toutes les femmes sans exception, et ce mot est annexé au terme « des croyants » ce qui signifie en arabe les femmes croyantes car le sens en arabe de cette annexion est de définir le genre concerné.

 

 

. « De ramener sur elles leur Jilbab… »

Le mot Jilbab en arabe renvoi à un vêtement plus petit qu’un part dessus mais plus grand qu’un khimar, que met la femme sur sa tête et que l’on laisse pendre des deux côtés avant d’abaisser le tout sur les épaules et le dos.

. « …elles en seront plus vite reconnue et éviteront d’être offensées…. »

Ici Dieu mentionne la raison de cet ordre divin en expliquant l’intérêt pour la femme musulmane de porter le jilbab, cette raison est éclaircie par la cause de la descente de ce versets, en effet les libertins parmi les hommes non musulman et les hypocrites (ceux qui disent avec leur langue ce qu’ils n’ont pas dans leurs cœurs) n’hésitait à importuner les femmes non couvertes car les femmes recouvertes d’un jilbab était les femmes nobles et libre. Ainsi, par ce verset Dieu anobli toutes les femmes croyantes et les libère de leurs conditions de femme soumise aux désirs et fantasmes des hommes.

3. CONCLUSION :

Avant de conclure il faut rappeler que la sourate 33 « Al Ahzab » est descendu au début de l’année 5 de l’hégire, alors que la sourate 24 « Annûr » est descendu vers la fin de l’année 6, ce qui place la prescription du port du jilbab avant la prescription du khimar, le jilbab est légiféré lorsque la femme sort de la maison alors que le khimar est légiféré lors de la présence de personnes désigné comme étrangère par le Coran comme il est mentionné dans le verset 31de la sourate 24 : «  et qu’elles ne montrent leurs atours qu’à leurs maris, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs maris, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, etc….. »

Il faut savoir que la sourate Annûr est la 103ème sourate descendu, au moment ou la fois des croyants leur permet de comprendre et d’accepter les lois de Dieu le très haut, ce qui nous enseigne que le chemin vers Allah se fait par étape, et que chacune des prescriptions ne fait que confirmer la conviction d’un lien fort entre la créature et le Créateur.

Au vu des versets et après analyse de ces derniers, il apparait plus qu’évident que ce qu’on appelle aujourd’hui le voile islamique est bien une obligation divine destiné aux femmes croyantes.

 

LE VOILE INTEGRALE

Aucun verset coranique ne renvoi directement à l’obligation pour la femme de porter un vêtement qui couvre entièrement le corps. Alors me direz-vous, pourquoi dans certains pays les femmes se couvrent-elles entièrement ?

Eh bien, il existe une divergence sur le mot « Zîna » du verset 31 de la sourate 24, certains considèrent que l’interdiction de dévoiler la beauté physique ou nudité, concerne tout le corps de la femme sans exception, y compris le visage et les mains, et ce en se fondant sur le fait que Dieu n’aurait pas demander au croyant de baisser le regard si le visage ne faisait pas partie de la nudité. Cette compréhension du verset rend donc obligatoire à la femme de dévoiler son corps y compris le visage et les mains. Seulement, la plupart des savants font noter que Dieu demande de baisser l’intensité du regard et non pas la tête car le mot arabe « ghadzza  min» signifie rabaisser quelqu’un, et doit être compris dans le verset par l’absence de désirs dans le regard. De plus, plusieurs Hadiths authentiques recueilli par cheikh al Albany dans son livre le jilbab de la femme musulmane, montre que les femmes laissait découvert le visage et les mains conformément au sens du verset et à la parole du prophète ( paix et bénédiction sur lui), ajoutons le fait qu’une preuve juridique tiré d’un raisonnement logique est valable mais son degré d’argumentation est moindre comparé à un verset explicite.

Cependant, le voile intégrale reste une tenue reconnue comme étant « mustahab », c'est-à-dire approuvé, et ce car il est rapporté dans la sounna authentifié que les épouses du prophète et nombre de femmes croyantes le portaient, comme le rapporte Safiyya bint chayba lorsqu’elle dit : « J’ai vu Aïcha faire le tawaf autour de la Kaaba, elle portait le niquab », il est donc toujours encouragé de se rapprocher de la sounna du prophète (paix et salut sur lui).


d'aprés Sami du site " Islam en France "

 

 

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